Les victoires et les pertes des Forces Aériennes Françaises Libres et de ses groupes de chasse

dont le Régiment de Chasse N°3 « Normandie-Niémen »

Le Bilan ci-dessous montre le lourd tribut payé par les hommes des FAFL, dont ceux du « Normandie-Niémen »

Forces Aériennes Françaises Libres

Créées le 1er juillet 1940 – Fin officielle d’existence le 1er juillet 1943 (cf. N.B.)

– 4.850 aviateurs immatriculés (id. : cf. N.B.)

– 38 % de pilotes et élèves pilotes

– 27 % de mécaniciens

– 18 % de mitrailleurs, radios et observateurs

– 9 % des services généraux

– 8 % de spécialités diverses

– 23 ans de moyenne d’âge (et 90 % d’entre eux ont moins de 30 ans)

– 19 % d’officiers

– 39,5 % de sous-officiers

– 41,5 % d’hommes de troupe

– 40 % du personnel navigant disparu

– 500 tués et 152 prisonniers

– 121 Compagnons de la Libération

– 5 unités faites Compagnon de la Libération

– 30.000 missions de guerre

– 409 victoires aériennes homologuées (entre avril 1941 et mai 1945)

– 59 victoires probables

– 96 avions ennemis endommagés

– 3 groupes : G.C. 1 « Alsace », G.C. 2 « Île-de-France », G.C. 3 « Normandie-Niémen »

Le G.C. I (groupe de chasse n° 1) « Alsace » (No 341 Squadron dans la RAF)

– Créé le 1er septembre 1941 (1)

– 4.500 missions de guerre (2)

– 9.000 heures de vol de guerre

– 29 mois en opérations (3)

– 67 victoires aériennes homologuées (4)

– 16 victoires probables

– 14 avions ennemis endommagés

– 108 pilotes engagés (5)

– 30 pilotes tués ou disparus (soit 27,77 % de pertes)

(1) Le groupe « Alsace » a été créé à partir d’éléments du Free French Flight n° 2 (FFF 2) – (de juillet 1940 à juin 1941), d’éléments de l’escadrille de chasse française n° 1 (ECF 1) – (de janvier à juin 1941) et de pilotes venus de Grande-Bretagne.

(2) Il n’existe aucune archive concernant le nombre de missions et d’heures de vol de guerre de l’ »Alsace » pour la première partie de la campagne effectuée en Libye en 1942. Ces archives se trouvaient à bord d’un convoi maritime qui fut attaqué dans l’Atlantique en décembre 1942 ; le navire transportant les archives fut torpillé.

(3) Campagne de Libye de mars à octobre 1942. En Grande-Bretagne de mars 1943 à août 1944. En France et Hollande d’août à décembre 1944, puis en mars-avril 1945 = 29 mois de campagne.

(4) Chiffre incluant les victoires obtenues par l’ECF 1 en avril-mai 1941, dans le ciel de Libye et de Crète.

(5) Chiffre incluant le personnel navigant du FFF 2 et les pilotes de l’ECF 1.

Le G.C. II (groupe de chasse n° 2) « Île-de-France » (No 340 Squadron dans la RAF)

– Créé le 20 octobre 1941

– 7.485 missions de guerre

– 10.072 heures de vol de guerre

– 27 mois en opérations

– 69 victoires aériennes homologuées  

– 6 victoires probables

– 35 avions ennemis endommagés

– 87 pilotes engagés

– 37 pilotes tués ou disparus (soit 42,52 % de pertes)

Le G.C. III (groupe de chasse n° 3) « Normandie » puis « Normandie-Niémen »

– Créé le 1er septembre 1942

– 5.240 missions de guerre

– 4.354 heures de vol de guerre

– 18 mois en opérations

– 273 victoires aériennes homologuées

– 37 victoires probables

– 47 avions ennemis endommagés

– 96 pilotes engagés

– 42 pilotes tués ou disparus (soit 43,75 % de pertes)

N.B. : La date officielle de fin d’existence des FAFL ne fait pas l’unanimité chez les historiens. D’aucuns arrêtent cette date aux 1er juillet 1943, d’autres retiennent le 1er août 1943, à la suite de la fusion des forces de la France libre et des forces commandées par le général Giraud. De fait, les militaires ayant signé leur engagement entre le 1er juillet et le 1er août 1943 peuvent relever du statut des FAFL.

À compter du 1er août 1943 les FAFL fusionnent avec l’aviation d’Afrique commandée par le général Bouscat.

Du 1er juillet 1940 au 31 juillet 1943, ce furent environ 4.850 personnes qui signèrent un engagement dans les FAFL, mais il n’y eut jamais plus de 1.200 aviateurs présents en même temps car les nouveaux engagements ne firent que combler les pertes qui furent particulièrement lourdes.

L’appartenance aux FAFL n’est pas aussi facile à déterminer que l’on pourrait le croire. À ce sujet les avis divergent quant aux critères d’adhésion et quant au nombre d’individus concernés par une telle appartenance. Certains aviateurs FAFL n’ont jamais reçu de matricule, d’autres ont été immatriculés deux fois, sous deux matricules différents. D’autres encore ont reçu un matricule à titre posthume.

Conclusion : Rejoindre les FAFL, c’était réellement mettre sa vie en jeu, avec peu de chance d’en sortir vivant. Ils furent moins de 5.000 hommes dans une guerre qui en mobilisa 90 millions ; une goutte d’eau dans un océan. Mais leur action eut un immense impact politique, sans commune mesure avec leurs effectifs, parce que leur geste fut très utile au général de Gaulle et à la France libre. Non seulement les FAFL donnèrent au général de Gaulle une crédibilité et une force pour s’imposer politiquement aux Britanniques et aux Américains, mais elles constituèrent aussi une formidable arme psychologique par l’intermédiaire de la radio de Londres qui relatait les exploits des aviateurs français.

    Étude réalisée par Yves Donjon

    Auteur de « Ceux de Normandie-Niémen »

    Administrateur du Mémorial Normandie-Niémen

    Sources :

    • Les photographies des insignes proviennent de la collection personnelle de Monsieur Jean-Jacques Leclercq, avec son aimable autorisation. Vous pouvez les retrouver sur son site « Les escadrilles de chasse françaises » à l’adresse suivante  https://www.escadrillesdechasse.com
    • Le mémoire de maîtrise (en 1985) « Les FAFL 1940-1945 » de Eric Buchot,
    • Les nombreux travaux du regretté Patrick Facon (décédé en 2016), directeur de recherche au SHAA, historien incontournable de l’armée de l’Air,
    • Les travaux du colonel Jean Gisclon, spécialiste reconnu de l’histoire de l’aviation française de 1939-1945.