DEUXIÈME CAMPAGNE

Du 26 mai 1944 au 27 novembre 1944

« Normandie » s’illustre et devient « Normandie-Niémen »

Le « Normandie », ayant pu constituer une troisième escadrille (Cherbourg) du fait de l’arrivée de nouveaux pilotes, s’est vu attribuer le titre de Régiment depuis février 1944. Une quatrième escadrille (Caen) sera créée en avril. C’est donc avec 4 escadrilles que débute la deuxième campagne le 26 mai à partir du terrain de DOUBROVKA. Les pilotes utilisent le Yak 9.

Le 28 mai, Marcel Lefèvre, figure emblématique du Normandie est victime d’une fuite d’essence. Intoxiqué par les vapeurs, il essaie de sauver son appareil, le « Père Magloire », à tout prix et percute le sol. Gravement brulé, il est transporté à l’hôpital de Moscou où il décèdera le 5 juin, la veille du débarquement.

Le 15 juillet, en quittant le terrain de Doubrovka pour celui de Mikountani en Lituanie, le capitaine Maurice de Seynes, emmenant derrière lui son mécanicien Bielozoub, est victime également d’une fuite de carburant. Ne voulant pas abandonné son fidèle mécanicien, il tente de se poser et l’appareil explose au sol entrainant la mort de ses deux occupants. Ce geste symbolique contribuera à renforcer l’amitié franco-russe.

Le 21 juillet 1944, le maréchal Staline signe un prikaz décernant le titre de « Niémen » à l’unité française, pour sa participation déterminante dans la bataille, pour le franchissement de ce fleuve.

À compter de ce jour, « Normandie » portera fièrement l’appellation de « Régiment Normandie-Niémen ».

Le 12 août, le Régiment est équipé de Yak 3.

Son palmarès s’intensifie lors de l’offensive contre la Prusse orientale :

  • Le 16 octobre, en 100 sorties, 29 victoires, sans aucune perte,
  • Le 18 octobre, en 88 sorties, 12 victoires,
  • Le 20 octobre, en 79 sorties, 11 victoires,
  • Le 22 octobre, en 56 sorties, 14 autres victoires, sans aucune perte.

Le 30 octobre, le lieutenant Robert Marchi remporte la 200ème victoire du groupe.

Le 4 novembre, Jean de Pange, pilote de liaison du Régiment, a le privilège d’être le premier Français à se poser librement sur le sol allemand.

Le 27 novembre 1944, « Normandie-Niémen » devient la première unité française à stationner en Allemagne, à Gross-Kalveitchen (Prusse-Orientale).

Le 28, les lieutenants Marcel Albert et Roland de La Poype sont élevés à la dignité de « Héros de l’Union soviétique ».

Le 9 décembre, le général de Gaulle, de passage à Moscou pour des discussions politiques, accueille tous les pilotes du « Normandie-Niémen » et leur décerne de nombreuses décorations. Fait exceptionnel, il appose une dédicace sur le journal de Marche du Régiment

Le 19 décembre, les douze plus « anciens » du groupe partent en permission en France sous les ordres du lieutenant-colonel Pierre Pouyade qui cède son commandement au commandant Louis Delfino.

 

Entre le 25 mai et le 27 novembre, le groupe utilisera 8 terrains.

Cette deuxième campagne se solde par l’obtention de 124 victoires officielles, mais aussi par la perte de 12 pilotes.

Texte d’Yves Donjon et d’Alain Fages