Hommage au mécanicien Hubert Deguilhem-Pemillat

Il aurait 100 ans aujourd’hui, le 21 septembre 2021.
Extrait du texte « Un Gergolien à l’honneur » d’Hubert Deguilhem-Pémillat
« Je suis né le 21 septembre 1921 à Paris, je m’engage comme volontaire en octobre 1938 comme élève mécanicien à la base école de Rochefort. »
Après sa formation il est breveté mécanicien-armement.
« En avril 1940, je suis affecté, sur ma demande, dans une escadrille à Rayak (Liban). En juin 1940, l’armistice entre la France et l’Allemagne ayant eu lieu, la Syrie et le Liban déposent les armes sans avoir combattu. Le 30 juin, par la voie des airs, je rejoins une escadrille détachée à Héliopolis (Egypte) qui continue la lutte sous le nom de Free French Flight N°2, cette dernière assura la défense aérienne de l’important raffinerie de Haïfa (Palestine). »
Signe son engagement FFAL n°40.335 en septembre 1940
« En mai 1941, le Général de Gaulle vint nous demander de quitter nos uniformes anglais pour reprendre celui de notre pays. En accord avec les Anglais, nous fûmes dirigés vers Khartoum (Soudan Anglais) pour participer à la campagne d’Erythrée. Durant cette opération, la Syrie et le Liban, sous tutelle Anglaise, nous permettent de nous rendre à Damas (Syrie) pour former le groupe de Bombardement Lorraine qui participera aux opérations en Libye : à l’ouest avec des missions en Cyrénaïque et Tripolitaine et à l’est à détruire poches ennemies de Sollum-Bordia et El Faya qui empêchaient d’utiliser la route qui longeait les côtes nous obligent à passer par le sud. Les missions terminées, le G.B Lorraine part de Damas en Angleterre sauf…les techniciens trop peu nombreux viendront assurer les missions du groupe Alsace qui se rend en Libye pour assurer des missions de convoyage maritimes et terrestres jusqu’à Tobrouk jusqu’au moment où les troupes de Rommel attaquent. Face aux défenseurs du Général Kœnig à Bir-Hakeim, les troupes anglaises purent effectuer un repli progressif dont nos avions assurèrent la protection jusqu’à El-Alamein où le Maréchal Montgomery stoppa l’avance allemande.
Le GC Alsace est lui aussi dirigé vers l’Angleterre et à Rayak, notre patron, le commandant Pouliquen demanda aux techniciens d’assurer les missions d’une escadrille destinée à représenter la France en URSS suite à un accord entre ce pays et le Général de Gaulle.
Des pilotes provenant d’Angleterre, d’Afrique du Nord et différentes colonies, notre escadrille fut prête à quitter Rayak en décembre 1942 et, de la grande chaleur du désert, nous allions vers l’inconnu où le -40 nous attendait alors que la bataille de Stalingrad battait son plein. Les Techniciens français participèrent à la 1ère Campagne. Cette dernière cessa à la hauteur de Smolensk. L’arrivée de nouveaux pilotes fit que l’escadrille devint le Régiment Normandie puis à la suite d’un ukase de Staline pris le nom de Normandie-Niemen dont tous les techniciens étaient Russes. Les techniciens français quittèrent le sol soviétique en septembre 1943 et revenus au Moyen-Orient continuèrent leurs activités jusqu’à la libération du territoire.
Sergent Armurier sur Yak – Bté Mécanicien-Armement – Bté Mitrailleur R.A.F
Courant 1945, une décision ministérielle signée du Général de Gaulle indique que les Français Libres de la 1ère heure pourraient demander leur démobilisation, et en octobre 1945, je rentrai dans la vie civile. »
Hubert Deguilhem-Pémillat décède le 1er mars 2013 à Jargeau (45), repose au cimetière de Combleux (45)
Photos: Rayak 24 octobre 1942, et voyage à Moscou pour le cinquantenaire du Régiment Normandie-Niemen.